Au Népal,

enfants : ils ont été victimes d'un trafic,

adultes : ils regardent vers l'avenirs

pour le bien être des populations d'Hulma, Bajura, Mugu.

image d'un oiseau
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Suite à une phrase écrite début 2014 par un jeune victime d’un trafic sur sa page facebook, "Les ONG sauvent les enfants mais qui sauve les enfants des ONG qui se glorifient de par le Monde en se servant d'eux.", l’association Karya a décidé de reprendre son indépendance et de se doter d’un projet de développement 2014/2020.

Rappel des statuts :

KARYA a trois buts principaux :

  • Venir en aide aux populations défavorisées, la priorité étant donnée aux enfants issus de trafics, et/ou déplacés par les conflits, et/ou destitués de toutes ressources (logement, soin, alimentation, accès à la scolarité, cadre psychologique et affectif), ainsi qu’à leur famille, en trouvant des solutions durables qui se glisseront dans le cadre social, politique, culturel et religieux du pays concerné, dans le but d’amener ces populations à une autonomie complète.
  • Lutter contre le trafic d’enfants en trois étapes :
  1. secourir les victimes, les accueillir en maison d’enfants en leur offrant le logement, la nourriture, l’accès aux soins, à l’éducation, à la scolarité,…
  2. recréer des liens familiaux notamment avec leurs parents et procéder à la réunification lorsque les conditions le permettent.
  3. faire cesser les trafics d’enfants en s’appuyant sur la législation du pays concerné et sur les lois internationales des droits de l’homme.
  • Sensibiliser les populations d’occident aux difficultés politiques, sociales, sanitaires, médicales et économiques du pays concerné afin de les amener à avoir un regard critique sur les conséquences que peut avoir leur comportement dans un pays étranger.

Un projet de développement 2014-2020

Objectif général :

Contribuer à la paix dans la région mid-ouest du Népal (districts d’Humla, Bajura, Jaira, Mugu) par des actions de développement afin de répondre aux demandes formulées localement dans le but de réduire la souffrance physique, émotionnelle, psychologique, spirituelle des populations concernées en instaurant respect et confiance mutuels ; à long terme ceci devrait permettre d’agir sur les trafics et les déplacements d’enfants.

Objectif spécifique :

Accompagner la mise en œuvre de projets de développement dans l’Ouest du Népal, initiés par de jeunes népalais ayant acquis les compétences, en signant des contrats de partenariat (priorité étant donné, pour le moment, aux ex Petits Princes du Népal de Godawari, jeunes de la maison Karnali sauvés en 2004).

Activités :

  • Permettre à des jeunes népalais d'obtenir des diplômes et des compétences pour une réelle mise en œuvre de leur projet
  • Les accompagner dans leur orientation scolaire et professionnelle
  • Les soutenir, les accompagner dans leurs projets de développement pour construire ensemble : réflexion, rédaction, mise en œuvre...

Moyens :

Mise en place de partenariats individuels directs avec les jeunes concernés dans un souci d’égalité, de respect entre les 2 co-signataires : Karya et le jeune adulte.

  • Pour acquérir un bien-être personnel ;
  • Leur offrir la possibilité d’acquérir de l’autonomie, de l’indépendance : recherche et installation dans un appartement, ouverture d’un compte bancaire, gestion de leur budget.
  • Financer, s’ils le souhaitent, un suivi psychologique pour les aider à évacuer tous les traumatismes de l’enfance.
  • Pour acquérir une formation professionnelle après étude de chaque demande individuelle et avis des membres du CA. ;
  • Accompagner les jeunes concernés sur une réflexion individuelle sur leur parcours et leurs objectifs de vie.
  • Rechercher des écoles (ou centres de formations) adaptées à leurs besoins professionnels pour les former à des compétences spécifiques.
  • Financer leur scolarité.
  • Pour mettre en œuvre un projet de développement à Humla, Bajura, Mugu ou Jaira. ;
  • Les accompagner pour une première évaluation diagnostique.
  • Apporter des compétences et une expertise professionnelle aux jeunes porteurs d’un projet.
  • Rechercher d’autres partenaires.

ÉDUCATION, un mot qui ne doit jamais être perdu de vue lors de nos actions

Karya, de par l’histoire de toutes les personnes qui ont participé à son évolution, a toujours fait vivre cet axe dans toutes ses actions.

Un mot pompeux peut-être, mais c’est participer à l’éducation du citoyen solidaire tant en France qu’au Népal.

A partir du moment où il y a le mot éducation, tout doit se faire en prenant le temps.

Toute personne peut apprendre, peut se former, peut grandir, et ce à tout âge, mais rien n’est acquis du premier coup. C’est un parcours qui se construit, qui est semé d’embûches, d’erreurs, de comportements inadaptés mais l’important c’est d’arriver à prendre conscience de cela, à mettre du sens, à rectifier, à s’améliorer, à progresser à partir de ses faux pas...

Les mots qui accompagnent toute action éducative devraient être : confiance, honnêteté, rigueur mais flexibilité, acceptation de l’erreur, remédiation, amélioration, encouragement

On ne peut progresser qu’à partir de ses propres erreurs, en en prenant conscience, en voulant être meilleur et pour cela, le soutien des autres et leur confiance est un réel moteur.

En France :

Cela se situe sur toutes nos manifestations où nous essayons d’informer (sans être en permanence dans la certitude), de faire prendre conscience, de perturber afin d’amener des personnes à se poser des questions, à réfléchir, à élaborer leurs propres avis...

Auprès des établissements scolaires c’est la même approche. Se servir des exemples que nous avons, des constats, pour avancer dans des discussions, des réflexions, pour s’ouvrir à la Solidarité Internationale et peut-être devenir acteur, à quelque niveau que ce soit.

Au Népal :

En dehors du fait d’accompagner des projets, notre rôle éducatif est important.
Les jeunes que nous accompagnons baignent dans une autre vision :

  • un système scolaire qui formate ne laissant pas la place à la réflexion,
  • une pauvreté dans le pays, des villages où il faut subsister avant tout,
  • une corruption qui est à tous les niveaux, à tous les coins de rue,
  • une grande présence touristique qui change des représentations, qui montre une certaine richesse à portée de main.

Il faut que les jeunes arrivent à se dégager de tout cela, à se poser les bonnes questions et à mettre en œuvre des changements. Chaque jeune le fera en fonction de son vécu, de ses capacités, de sa volonté, ce sera son choix de vie. Il faut lui donner du temps et qu’il se construise lui-même en étant accompagné. Certains y arriveront vite, d’autres n’y arriveront peut-être jamais mais ils doivent tous avoir la chance d’entrer dans cette démarche.

Quelle éducation souhaitons-nous pour les jeunes que nous accompagnons au Népal ?

Nous gardons en nous la trace invisible mais très présente de tous les évènements de notre vie et surtout ceux de notre enfance. Ils sont à l’œuvre dans nos comportements et nos conduites. Ils traversent, colorent, embellissent ou blessent chaque instant du présent.

Le contrat de partenariat entre un jeune népalais et Karya :

Il est important de spécifier le contexte de cet accord. Cet accord n’est pas légalement contraignant. Il est basé en premier lieu sur la responsabilité individuelle des parties dans la construction de la paix et de la confiance. Construire la paix peut s’entendre comme toute action visant à diminuer les souffrances mentales, physiques, émotionnelles et spirituelles de personnes.

Chaque partie reconnait le besoin de travailler ensemble, main dans la main, sans hiérarchie. Il est ainsi reconnu que chaque individu apporte sa propre expérience et peut contribuer à sa façon en travaillant ensemble sur un même pied d’égalité. C’est agir en tant que partenaire.

Le but de cet accord est de définir les conditions fondamentales du partenariat entre Karya et le jeune afin d’amener ce dernier vers l’autonomie et qu’il jouisse d’une paix intérieur pour se projeter sereinement et efficacement vers l’avenir ; le but ultime étant de construire la paix pour les populations locales en contribuant au développement de certains districts du centre ouest du Népal (zone du Karnali), nommément Humla, Bajura, Mugu.

Finalement, cet accord permet d’illustrer clairement l’implication des parties et ce qui est attendu d’elles dans chaque projet dans une période déterminée.


Il semble qu’actuellement, en fonction des projets que nous menons, nous pouvons définir ainsi notre objectif principal :

Donner aux jeunes la possibilité d’être heureux, d’avoir évacué tous les traumatismes dus au trafic afin de pouvoir se projeter dans l’avenir pour être les moteurs d’un changement dans leur village, leur district, leur pays réduisant ainsi la souffrance des populations, permettant ainsi de réduire à long terme les déplacements et les trafics d’enfants.

Dans notre cas précis, nous devons tenir compte en permanence des points suivants :

  • les jeunes concernés ont vécu des moments terribles qui ne s’évacuent pas facilement : leur donner la possibilité d’atteindre le bien-être afin de pouvoir l’offrir, l’apporter à d‘autres
  • Ils ont été privés d’affection au meilleur de leur enfance
  • Ils ont eu le sentiment d’abandon, (se déclarer orphelin alors qu’ils ne l’étaient pas).
  • Ils veulent sortir des réglementations de certaines ONG ou de certaines maisons d’accueil gérées par des népalais :
  • suivre des règles strictes ;
  • pas de discussion, de réflexion : il faut appliquer ;
  • pas de possibilité de choisir ;
  • du formatage par le système éducatif ;
  • pas de liberté d’action ;
  • aucune projection vers l’avenir ;
  • peu de possibilités de revoir les familles.

Si nous voulons donner la possibilité à des jeunes d’être acteurs dans leur pays pour un nouveau Népal, il faut leur offrir la possibilité d’acquérir cette paix intérieure, ce bien-être, afin qu’ils puissent se construire eux-mêmes en toute responsabilité.

Les bases de l’éducation :

  • acquérir une autonomie d’action, pouvoir faire des choix ;
  • pouvoir discuter, échanger, donner un avis ;
  • avoir des projets et pouvoir les présenter ;
  • choisir son parcours scolaire ;
  • avoir droit à l’erreur ;
  • faire ses propres expériences, se tromper, expérimenter ;
  • pouvoir bénéficier et décider (ou non) d’un accompagnement psychologique ;
  • être membre associé de Karya : nous les accompagnons, nous réfléchissons avec eux. (Nous ne choisissons pas, nous ne décidons pas pour eux).

Il n’y a pas de donneur et de receveur, il y a des personnes qui avancent ensemble avec des rôles différents, chacun apportant quelque chose à l’autre. Nous devons subvenir à des besoins individuels qui peuvent être différents selon les personnes concernées.

Quelqu’un a dit que le plus beau cadeau que l’on puisse faire à ceux qu’on aime, c’est de les laisser libre. Libre de faire leurs propres expériences, leurs propres erreurs, de prendre des routes qui ne nous conviennent pas. Pour les laisser libres, nous devons nous libérer nous mêmes de nos propres peurs. Nous devons accepter qu’il y ait des choses, des façons de penser, des façons de s’exprimer que nous ne comprendrons jamais, car les différences de cultures sont là et sont la richesse de chaque peuple. Il faut toujours prendre le temps d’observer.

Il faut certainement suivre, soutenir, entretenir la relation de confiance, prendre le temps avant de constater des dérives, mettre en évidence les erreurs sans les juger, ces dernières devraient toujours faire avancer vers une porte meilleure.

L’importance du rôle d’une association

Notre association c’est un bel outil pour apporter, sans prétention, le bien-être à des populations, à des jeunes, par la mise en œuvre de projets ou d’accompagnements de projets.

Une association est un groupe de personnes où des liens d’amitié se tissent. Elles essaient au mieux de suivre des valeurs communes, des objectifs, en dialoguant, en s’écoutant, en respectant les différents points de vue pour construire ensemble.

Il y a des règles à respecter tant en France qu’au Népal mais il faut les accompagner d’une certaine "bienveillance" (lâcher-prise, tolérance) : cela peut prendre du temps mais cela permet à chacun de mieux comprendre, de s’approprier et de grandir.

La tolérance, la souplesse, la prise de risque ne sont pas incompatibles avec la rigueur, la précision, au contraire elles ouvrent les portes d’une construction qui prend du sens.

Karya essaie de semer de petites graines qui peuvent devenir de grandes lumières, celles qui montreront l’exemple, pour aller vers un changement.

Ces jeunes seront le renouveau du Népal, en étant porteurs d’autres vraies valeurs (confiance, honnêteté, solidarité,…) mais tout ceci se construit, s’acquiert en en prenant conscience


Enseigner, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu .
Aristophane

Il n’y a pas de grande tâche difficile qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles.
Matthieu Ricard